Aucun doute à avoir sur l'évaluation européenne du glyphosate

20/02/2020

Dans le rapport suivant, trois ONG dénoncent une fraude qui aurait été constatée lors d'une action en secret dans un laboratoire allemand qui réalise des études labellisées “GLP”. GLP signifie "Good Laboratory Practices", c'est-à-dire les directives à respecter pour des études servant à des fins d'enregistrement, et destinées à apporter aux autorités des garanties suffisantes quant à la fiabilité des résultats. L'évaluation indépendante du respect des GLP au moyen d'audits par les autorités permet de certifier certaines instances, auprès desquelles les fabricants peuvent ensuite commander des études pour la composition de leur dossier d'enregistrement.

Il est exact que tout le système d'enregistrement tient debout ou s'écroule en fonction de la fiabilité des études introduites. Les autorités sont toujours convaincues que la certification GLP offre des garanties suffisantes. Le fait que les études soient financées par les fabricants des produits suscite toutefois une méfiance dans la société.  Une récente adaptation de la législation européenne doit apporter des garanties supplémentaires à l'avenir.

Indépendamment du fait qu'une fraude ait réellement été commise, la question se pose de l'impact potentiel sur l'évaluation européenne du glyphosate. Dans le dossier figuraient en effet des études du laboratoire concerné. Après vérification, il s'avère que ces études affichaient des résultats similaires à ceux de plus de cent autres études dans le dossier provenant de plusieurs autres laboratoires. Il serait très improbable que toutes ces études aient été falsifiées pour aboutir aux mêmes résultats. En outre, aucune étude relative aux éventuelles propriétés cancérogènes du glyphosate n'est impliquée.  Néanmoins, la Belgique réclamera une enquête sur la fraude éventuelle.

Le communiqué du journal De Standaard du 13 février est trompeur en ce sens que les 46 études GLP citées ne traitent pas toutes spécifiquement les propriétés cancérogènes. D'autres études ont en effet servi à cette fin.  De même, les 72 études non-GLP citées émanant d'universités ou d'organismes publics ont été rejetées parce qu'elles s'avéraient non pertinentes ou n'avaient pas été réalisées correctement. Tous ces éléments ont été argumentés en détail dans l'évaluation européenne.

En conclusion, on peut affirmer que l'affaire divulguée n'a pas eu la moindre incidence sur l'évaluation du glyphosate.

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